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Stratigraphie - paléogéographie (suite)

 

 

2.  COMPARAISON AVEC DIVERSES ZONES ISOPIQUES  DE GRECE ET CERTAINES SERIES DE TURQUIE OCCIDENTALE

 

                La série d'Amorgos telle que nous l'avons décrite présente une originalité assez marquée, notamment pour ce qui concerne ses niveaux triasiques, originalité qui empêche de l'attribuer d'emblée à l'une des zones isopiques de l'ensemble hellénique.

                C'est pourquoi il convient de discuter des corrélations possibles avec différentes unités paléogéographiques que nous considérerons successivement: Pélagonien, Parnasse, Unité des schistes bleus cycladiques, Gavrovo-Tripolitza, zone ionienne, ainsi que Menderes et unités lyciennes dans le Taurus.

                2.1.  Comparaisons avec la zone pélagonienne et sa marge occidentale

                La zone pélagonienne, comprise entre les zones externes helléniques et la zone du Vardar, est caractérisée par l'existence d'une phase tectonique tangentielle précoce, à la limite Jurassique-Crétacé, ayant provoqué l'obduction des ophiolites téthysiennes sur ce qui était le microcontinent pélagonien, jusque-là dépendance de la plaque africaine.

                Bien que des caractères communs existent sur le plan des faciès (par exemple, présence de calcaires néritiques à Mégalodontes du Trias supérieur), il est hors de question qu'Amorgos appartienne à la zone pélagonienne proprement dite, puisque les terrains de cette île sont stratigraphiquement concordants au cours de la période Jurassique-Crétacé et que les ophiolites n'y sont pas représentées.

                Par contre, dans la marge occidentale de cette même zone pélagonienne - non recouverte par la zone ophiolitique - représentée en partie par la zone du Parnasse et probablement aussi par les séries de l'Unité des schistes bleus cycladiques (qui apparaissent actuellement en fenêtre par suite de la tectonique tertiaire) (M. BONNEAU, 1981), on peut trouver certaines analogies avec la séquence d'Amorgos, le critère le plus important étant l'existence de bauxites ou métabauxites.

                                2.1.1.  Le Parnasse

                La zone du Parnasse est caractérisée par une puissante série carbonatée allant du Trias supérieur au Maestrichtien, passant à un flysch gréseux débutant au Paléocène. Dans l'ensemble carbonaté s'intercalent trois horizons de bauxites, l'horizon supérieur présentant une minéralogie assez proche des bauxites d'Amorgos. Comme à Amorgos, le Trias supérieur, néritique, renferme des Mégalodontidés.

                Les différences portent sur de nombreux points:

                - absence, dans la série du Parnasse, d'un niveau détritique terrigène triasique supérieur;

                - âge plus ancien d'apparition du flysch;

                - absence de faciès pélagiques dans le Jurassique et de brèches dans le Crétacé qui, à Amorgos, témoignent d'une sédimentation de bordure de plate forme;

                - existence de trois horizons de bauxites (deux ayant pour murs des calcaires jurassiques, le troisième des calcaires cénomaniens), alors qu' Amorgos n'en possède qu'un ou deux, probablement dans le Crétacé.

                                2.1.2.  L'Unité des schistes bleus cycladiques

                L'Unité des schistes bleus cycladiques, qui affleure dans l'Ossa, le Pélion, l'Eubée du Sud et les îles Andros, Tinos, Yaros, Sikinos, Pholegandros, Siphnos, Naxos pro parte, Ios pro parte, comportent des séries lithostratigraphiques de type marge continentale terminées par des terrains évoquant d'anciens flyschs.

                Certaines de ces séries, notamment celles des Cyclades méridionales, présentent quelques ressemblances avec la série d'Amorgos, en particulier du fait de la présence en leur sein de métabauxites; c'est le cas de Naxos, Ios, Sikinos et peut-être Siphnos (T. GOURNELLOS, 1980).

                Ainsi l'unité supérieure de l'île de Naxos comporte les termes suivants, de haut en bas (M. BONNEAU & al., 1978):

                - série de gneiss et de micaschistes, interprétée comme dérivant d'un flysch (métapélites et métaquartzites);

                - série carbonatée, avec à la base des métaconglomérats et au sommet des poches d'émeri, qui ont la signification de métabauxites. Dans les marbres ont été découvertes des algues triasiques (P.K. NEGRIS, 1914) et des fossiles du Trias supérieur (S. DÜRR & E. FLÜGEL, 1978);

                -  série de gneiss, de micaschistes et d'amphibolites ( = métavolcanites dans une série détritique).

                Comme à Amorgos, une série carbonatée essentiellement mésozoïque est encadrée lithostratigraphiquement par deux niveaux détritiques, un métaflysch constituant son toit et un métaconglomérat, son mur. Par contre les métavolcanites de Naxos n'ont pas d'équivalents à Amorgos, et ses poches de métabauxites se localisent tout à fait au sommet de la série de marbres (juste au-dessous du métaflysch), ce qui n'est pas le cas dans la série du mont Krikelas.

                Toute corrélation entre la série d'Amorgos et les séries de schistes bleus des Cyclades demeure particulièrement hasardeuse puisqu'on ne connaît pas précisément l'âge des différents termes dans ces dernières, et en particulier l'âge du passage au flysch.

                2.2.  Comparaison avec la zone du Pinde

                Une corrélation entre les séries pindiques et celle d'Amorgos est très improbable, car de nombreux caractères les opposent: les premières sont en effet caractérisées par des dépôts pélagiques et siliceux (présence de niveaux holosiliceux, radiolaritiques), continus du Trias supérieur au Crétacé supérieur, passant progressivement à un flysch qui débute effectivement au Paléocène; aucun niveau de bauxite n'y est connu.

 

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