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Stratigraphie - paléogéographie (suite)

 

 

                3.  CONCLUSIONS

                D'après les comparaisons qui précèdent, il apparaît que la série d'Amorgos a des affinités particulièrement marquées avec les séries du Gavrovo-Tripolitza, dont elle se distingue essentiellement par le caractère bréchique de sa partie crétacée, qui évoque une bordure de plate forme; par ailleurs les affinités non négligeables d'Amorgos avec la zone ionienne font plutôt penser au flanc externe de la plate forme de Tripolitza.

                Ainsi, bien qu'on ne puisse exclure pour Amorgos une appartenance au flanc interne de cette plate forme (du côté du Pinde), il est permis d'envisager pour cette île une position paléogéographique intermédiaire entre ce qui était le sillon ionien et la ride récifale du Gavrovo-Tripolitza. L'influence du premier, surtout sensible au Jurassique, se manifesterait par les niveaux pélagiques qui à Amorgos caractérisent cette période (Formation de Khozoviotissa) tandis qu'au Crétacé s'accumuleraient sur le flanc de la seconde les produits de sa destruction, sous forme d'une épaisse séquence bréchique, entrecoupée de quelques épisodes récifaux.

                Cette hypothèse, qui paraît vraisemblable pour la partie Jurassique à Eocène de la série d'Amorgos, convient aussi pour ses niveaux triasiques, dans la mesure où l'on considère la formation détritique terrigène de cette époque comme un équivalent partiel des "phyllades" de la base de la série de Tripolitza de Crète.

                Dans la rubrique des corrélations possibles avec la Turquie occidentale, nous retiendrons, d'une part, les affinités avec le groupe d'îles Levitha, géographiquement intermédiaires entre Amorgos et l'Anatolie, d'autre part, les ressemblances avec l'enveloppe supérieure du massif du Menderes (bauxites à diaspore, Rudistes, Nummulites à la partie supérieure de la série carbonatée).

                Un problème demeure posé, concernant la signification des bauxites d'Amorgos. La genèse de ce type de roches est en effet souvent attribuée, en Grèce, à l'altération ou la latéritisation des ophiolites (G.A. ARONIS & E. ROCH, 1958; J. PAPASTAMATIOU, 1965; G. BARDOSSY & E. MACK, 1967). Or au cours du Crétacé, les zones ioniennes et de Gavrovo-Tripolitza qui, dans le domaine égéen, appartiennent à la marge passive (africaine) de l'océan pindique (M. BONNEAU, 1981), sont très éloignées des ophiolites, dont l'obduction n'intéresse que les zones internes.

                C'est un problème identique à celui de l'origine des bauxites tertiaires de la zone du Gavrovo en Grèce continentale (Klokova, Pylos, Kaïapha) ou bien encore ds bauxites jurassiques (du Parnasse-Kiona par exemple) dont la formation est antérieure à la mise en place des premières ophiolites connues.

 

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