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Stratigraphie
- Trias (suite)
3. DISCUSSION SUR LA POLARITE DE LA
SERIE TRIASIQUE
Selon S. DÜRR (1978), le terme basal de la série stratigraphique
d'Amorgos serait constitué par les "conglomérats riches en galets de
quartz et de quartzite" ("Formation de Kapsala"), passant
graduellement vers le haut à la Formation de Richti (qu'il considère, avec C.
RENZ, comme Carnien supérieur - ?Norien inférieur), suivie en continuité par
la Formation de Kryonero (âge "Trias supérieur - ?Lias") dont le
toit correspondrait à la Formation de Khozoviotissa.
Or cette hypothèse se heurte à certains faits de terrain dont nous
mentionnerons les plus significatifs:
1°) Dans le vallon de Marudiati (voir coupe
fig. 15), la Formation de Kryonero passe vers le haut, en continuité stratigraphique, à la formation
conglomératique; entre les deux, on n'observe aucun indice de la Formation de
Richti, comme on devrait s'y attendre d'après l'hypothèse de S. DÜRR; au
contraire, la Formation de Richti affleure, dans le même vallon, au-dessus des
conglomérats. La succession des termes triasiques observée dans cette coupe
n'est donc pas conforme à la séquence proposée par cet auteur.
2°) Sur le flanc méridional de la chaîne de l'Aspro Vouno (coupe méridienne
à 1 km à l'Ouest du cap Korax, voir
fig. 19), on observe bien, de bas en haut,
la succession suivante: a) marbres à Coraux coloniaux abondants vers le haut;
b) conglomérats polygéniques; c) Formation de Richti; d) marbres à rares lits
siliceux; e) marbres en plaquettes à lits siliceux. Cette disposition peut
difficilement être imputée à un phénomène tectonique (par exemple pli couché
isoclinal à cœur de conglomérats - lesquels disparaissent effectivement vers
l'Ouest), car la Formation de Richti devrait alors affleurer au-dessous comme
au-dessus desdits conglomérats.
3°) La série de marbres effectivement intercalée entre les formations
de Richti et de Khozoviotissa (voir
coupe du contrefort oriental du mont Prophitis Ilias,
fig. 33) ne présente pas
du tout les mêmes caractères que la Formation de Kryonero ou ses équivalents
latéraux: épaisseur notablement moindre, aspect différent de la
dolomitisation, absence de grandes coquilles de Lamellibranches, d'oncolithes,
absence de couches rouges pélitiques de passage, etc.
La succession des termes triasiques telle que nous la proposons, et qui
s'appuie avant tout sur les observations de terrain, n'est pas contredite par
les données paléontologiques en notre possession, au demeurant assez
fragmentaires: la Formation de Richti, nous l'avons vu, est probablement
norienne; celle de Kryonero peut l'être aussi, au moins dans ses niveaux supérieurs
(présence d'un Madréporaire connu ailleurs dans le Norien - Montlivaltia
fritschii, présence de Triasina cf. hantkeni, qu'on peut également
trouver dans une partie du Norien).
Si ces deux formations appartiennent, au moins pro parte, à deux
niveaux distincts du même étage, il faut alors considérer que la série
conglomératique - d'épaisseur variable - qui vient en intercalation,
correspond à un épisode détritique de courte durée au regard des temps géologiques.
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