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Stratigraphie
(suite)
VI.- SYNTHESE STRATIGRAPHIQUE
La figure 66 résume la stratigraphie d'Amorgos, tout en distinguant les
faits observés dans chacun des trois secteurs de notre terrain d'étude
(lesquels sont séparés par des accidents tectoniques majeurs traversant l'île
de part en part).
L'appartenance à une même unité des secteurs central et occidental est
établie avec certitude (présence, dans les deux cas, notamment, des formations
d'aspect très caractéristique de Richti et de marbres à bandes siliceuses);
quant au secteur oriental, où n'ont été reconnus que le Crétacé et le
flysch sus-jacent, il montre bien quelques différences avec les précédents (épaisseur
apparente beaucoup plus importante du Crétacé, présence en son sein de
gisements de bauxites, flysch dépourvu d'olistolithes...); mais il peut s'agir
de simples variations latérales à l'intérieur d'une même série; ces faits
en tout cas ne sauraient prouver l'appartenance des terrains de ce secteur à
une unité distincte du point de vue paléogéographique. Un argument décisif
allant dans l'un ou l'autre sens devrait y être fourni par l'âge d'apparition
du flysch, mais nous n'avons pu l'établir, faute de critères paléontologiques.
La colonne stratigraphique de l'unité d'Amorgos comporte donc de bas en
haut:
TRIAS: au
moins 200 mètres de marbres néritiques, à tendance récifale à certains
niveaux (Mégalodontidés, Coraux), parfois détritiques (brèches carbonatées).
Cette sédimentation se termine peut-être au Norien et passe, par l'intermédiaire
de niveaux pélitiques rouges, à une série détritique terrigène
intranorienne (?), d'abord grossière (conglomérats polygéniques hétérogènes)
et présentant de considérables variations latérales d'épaisseur (0 à 400
m). Vers le haut, cette série devient plus finement détritique (conglomératique
à pélitique) et des bancs calcaires, renfermant une faune abondante de Coraux
(probablement noriens) et de Céphalopodes, s'y intercalent. Puis une séquence
carbonatée d'affinités néritiques, montrant des vestiges de Coraux, vient en
continuité, représentant une partie du Rhétien et éventuellement du
Jurassique (0 à 50 m).
JURASSIQUE: 30
à 150 m de marbres à bandes quartzitiques, anciens calcaires à lits siliceux
d'origine pélagique, occupent la plus grande partie du système Jurassique.
CRETACE: Ces
marbres peuvent monter éventuellement jusqu'à un certain niveau du Crétacé;
ils sont suivis par des calcaires massifs ou en bancs épais, souvent bréchiques
(brèches carbonatées), parfois de caractère récifal, renfermant alors des
Rudistes évoquant plutôt le Crétacé supérieur. Dans le secteur central, on
peut avancer une épaisseur de 200-250 m pour les marbres surmontant la
formation à bandes siliceuses. Dans le secteur oriental, leur puissance doit être
supérieure à 600 m (on n'en connaît pas la base) et ils renferment au moins
un horizon de bauxite.
PALEOGENE: La
sédimentation carbonatée se poursuit probablement jusqu'à l'Eocène moyen,
représenté par des calcaires en bancs peu épais à grands Nummilitidés (?);
leur succèdent en concordance des dépôts détritiques de granulométrie
d'abord fine, pélitique, puis pélito-gréseuse. Des conglomérats apparaissent
alors, qui se présentent d'abord en passées pour devenir prédominants dans la
suite; polygéniques, ils renferment des éléments de quartzites, de marbres
(azoïques) et par places de tufs, et emballent en de nombreux endroits du
secteur occidental, des olistolithes (de tailles variées), constitués de
marbre grenu, en général clair à très clair, parfois à lits ou rognons
siliceux (wildflysch). Ce flysch termine la période sédimentaire antétectonique,
mais aucune indication n'est fournie quant à l'âge de ses niveaux supérieurs;
peut-être sont-ils oligocènes. L'épaisseur du flysch peut être supérieure
à 1000 m (épaisseur apparente à l'Ouest de Tholaria).
En conclusion, les terrains d'Amorgos, bien qu'affectés par un métamorphisme
dont nous montrerons l'importance, peuvent être ordonnés en une série
stratigraphique, sujette à des variations latérales mais représentant une
seule et même unité, allant d'un certain niveau du Trias (anténorien) jusqu'à
l'Eocène et peut-être même l'Oligocène, sans discordances internes.
On y retrouve des faciès variés passant les uns aux autres, faciès de
plate forme récifale, faciès de bordure de plate forme (représentés par des
brèches carbonatées, abondantes dans le Crétacé), faciès pélagiques, faciès
détritiques terrigènes - dont les bauxites - (fins à chaotiques), autant de
faciès qui dénotent une certaine instabilité de la zone paléogéographique
dans laquelle se trouvait Amorgos au cours du Mésozoïque et du Paléogène, et
que nous discuterons dans la suite de ce mémoire.
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