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Tectonique -
phases alpines (suite)
6.
NEOTECTONIQUE
Postérieurement aux déformations précédentes, un puissant réseau de
failles a découpé l'ensemble de l'édifice de l'île.
Parmi les accidents majeurs, il faut mentionner, à la limite des
secteurs central et occidental, une faille de tracé flexueux mais d'orientation
générale Est-Ouest, mettant en contact les différents termes de la série
Trias-Eocène qui affleurent au Nord, avec le flysch de la zone
Xylokeratidi-Khora-Kamari.
L'examen du contact, en contrebas du chemin menant au monastère de
Khozoviotissa, fait apparaître:
1°) Un miroir de faille 95 S 70;
2°) Des stries de glissement 180 S 70 (donc subperpendiculaires à la
direction du miroir);
3°) Un rebroussement vers le haut des schistes de la série de flysch,
et un rebroussement vers le bas des marbres à lits siliceux de la Formation de
Khozoviotissa, les deux terrains étant séparés par une brèche tectonique à
éléments de marbres à lits siliceux.
Le compartiment sud est donc bien le compartiment abaissé: on est en présence
d'une faille normale, à composante décrochante pratiquement nulle; le rejet
vertical est très important et peut être évalué à plusieurs centaines de mètres
(on rappelle que le contact stratigraphique flysch - série carbonatée
sous-jacente s'observe dans le compartiment sud, vers 60 m d'altitude - voir
coupe de Khora, fig. 59)
[cf. vues de ce contact entre Khora et Xylokeratidi,
fig. 106-bis et
106-ter].
Le réseau de failles récentes est particulièrement bien développé
dans la région à l'Ouest de Kamari, où s'observent quelques splendides
miroirs au contact entre une formation carbonatée et une formation
"schisteuse" (fig. 106).
Nous avons tenté, à partir des mesures des directions de toutes les
failles récentes (normales) observées sur le terrain, d'établir une rosette
de fréquence de ces directions (0 à 180°) (fig. 107). Malgré le petit nombre
de mesures effectuées (environ 60), deux directions principales se dégagent: Est-Ouest et Nord-Ouest - Sud-Est.
Ces directions sont compatibles avec certains traits morphologiques d'Amorgos,
la première correspond à l'allongement sensiblement Est-Ouest de la partie
occidentale de l'île; la seconde coïncide avec la direction du plus important
escarpement topographique existant à Amorgos, la falaise à regard nord-est s'étendant
du cap septentrional Limenari au cap oriental Xodoto.
Mais la direction de l'allongement général de l'île, Sud-Ouest -
Nord-Est, ne ressort pas nettement du diagramme proposé.
En l'absence de dépôts néogènes et quaternaires anciens, il n'a pas
été possible de dater ces failles.
[NB: l'île d'Amorgos fut le siège en 1956 (le 9 Juillet)
d'un important séisme de magnitude 7.5 pour la première secousse (survenue à 3
heures 11, suivie de nombreuses répliques dans la matinée), dont l'épicentre se
situait au Sud de l'île, sur le trajet d'une faille normale ~N 65 plongeant vers
le SE, en relation avec la subduction de la plaque africaine au niveau de l'arc
égéen. Il a provoqué un raz-de-marée atteignant la hauteur de 25 mètres sur la
côte sud-est d'Amorgos et 20 mètres sur les côtes septentrionales d'Astypalea.
Il s'est fait ressentir dans une grande partie de la mer Egée. Les dégâts furent
considérables à Amorgos: 53 morts, une centaine de blessés et plus de 500
maisons endommagées ou détruites (voir bulletins de l'Universté de
Thessalonique, et GALANOPOULOS, 1957, in Praktika de l'Académie d'Athènes)].
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